À la une

Fermeture 17 dec. – 5 jan.

Le Théâtre Astrée et l’Université Lyon 1 ferment leurs portes pour un congé de fin d’année à partir du vendredi 16 décembre au soir et jusqu’au 3 janvier 2023 :

  • les réservations par téléphone sont suspendues du jeudi 15 décembre jusqu’au jeudi 5 janvier 2022
  • Les réservations en ligne ne seront validées qu’à partir du mardi 3 janvier

On se retrouve en janvier 2023 avec les abonnements et la programmation de rentrée, et bien sûr, le Théâtre Astrée et toute son équipe vous souhaite une bonne année 2023 !

nouveau : s’abonner au théâtre astrée

A partir de janvier 2023, les spectateurs et spectatrices qui le souhaitent pourront s’abonner au Théâtre Astrée. Cet abonnement prend la forme d’un pass illimité : vous réglez une une somme fixe et obtenez une entrée libre à tous les spectacles pour le reste de la saison.

Combien ça coute ?

Les tarifs proposés sont les suivants :

  • Plein tarif : 120 € par an
  • Tarif réduit : 72 € par an, pour les bénéficiaires du tarif réduit
  • Tarif super-réduit : 42 € par an, pour les personnels Lyon 1, UdL ou enssib uniquement
Pourquoi s’abonner ?
  1. Plus vous venez, moins vous payez !
    En effet, le prix de l’abonnement est fixe. Ainsi, à partir d’un certain nombre de spectacles, votre abonnement sera largement rentabilisé. Comparé au prix des places à l’unité, il vous reviendra moins cher.
  2. Vous n’aurez plus à régler votre place à chaque spectacle : moins de queue pour vous et pour nous !
Comment on l’achète ?

L’abonnement est disponible toute l’année. Si vous souhaitez l’acheter, venez nous voir au bureau durant la journée (il est conseillé de téléphoner au 04 72 44 79 45 au préalable pour prendre rendez-vous) et nous procéderons à l’achat.
Comme pour la billetterie, le paiement ne pourra pas se faire en espèce, carte bancaire ou chèque uniquement. De même, pas de vente en ligne.
Attention, pour les tarifs réduits et super-réduits, un justificatif de moins de trois mois vous sera demandé !

Il sera également possible d’acquérir la carte d’abonnement en billetterie, avant un spectacle, mais uniquement entre 18 h et 18 h 30 !

Et après, on fait comment à la billetterie ?

Comme vous le faisiez avant, il faudra continuer à vous présentez en billetterie. Il suffira de montrer votre carte d’abonnement et nous vous remettrons un billet gratuit, au lieu de votre billet payant habituel.
Attention, l’abonnement est nominatif et incessible, il ne fonctionne pas en duo : c’est un abonnement par personne.

Il reste conseillé de réserver.

Quels spectacles seront inclus dans l’abonnement ?

Tous les spectacles de la programmation officielle du Théâtre Astrée, dont la billetterie est gérée directement par notre équipe. En d’autres termes, ce sont tous les spectacles inscrits dans la brochure de saison ou sur le site internet du théâtre, à une seule exception près : le concert d’Un Doua de jazz.

Il peut vous arriver de venir voir des spectacles avec une billetterie différentes (différents agents d’accueil, différents tarifs, différentes méthodes…), ce sont en fait des locations de la salle à d’autres événements. Ces spectacles ne sont pas compris dans l’abonnement.

Ça commence quand ?

Les abonnements annuels seront définitivement mis en place pour le lancement de la saison 2023 – 2024. Toutefois pour les grands fidèles, il sera possible d’acquérir un abonnement dès janvier 2023 pour le reste de la saison 2022 – 2023.

Vous pouvez également consulter les conditions de confidentialité de vos données.

Les concerts de décembre

Entre jeu et rite, la « Boqala » est une pratique algéroise ancienne durant laquelle les femmes se retrouvaient pour s’adonner à la poésie, guidées par leur quotidien, l’espoir, l’amour, la nostalgie, l’exil… C’est ainsi que Chems s’est constitué son propre bocal qu’elle continue d’enrichir au gré des poètes et poétesses qui l’inspirent et de ses rencontres. 

Avec la complicité du musicien et compositeur Malik Ziad ils offrent une véritable traversée du Maghreb au Moyen-Orient, des temps reculés de la poésie mystique aux textes d’auteurs contemporains. Un recueil haut en couleurs mêlant répertoire classique, folk et compositions. A cette occasion, le duo sera rejoint par l’inimitable batteur et musicien Karim Ziad.

Jeudi 1er décembre à 19 h 19
Tarifs habituels
Réservation conseillée.

Dans le cadre du festival Les Guitares. Découvrir le teaser de l’édition 2022 du festival :


Concert des ateliers rock et orchestre symphonique de la Mission Culture – Lyon 1. Atelier Rock dirigé par Jean-Marc Simon & atelier Orchestre symphonique, dirigé par Boris Kapfer.

Lundi 12 décembre & mardi 13 décembre à 20 h 20
Gratuit
Réservation conseillée.


Pour aller plus loin

On en profite également pour remettre au gout du jour notre article de l’an dernier sur le format physique de la musique et l’évolution des pratiques d’écoute.

Les futurs Rolling Stones ?

Fanny Autard, de Toï Toï le Zinc, nous parle de la pratique individuelle de la musique durant ces années de restrictions sanitaires :

Tout le monde s’accorde à dire que les confinements sans fin n’ont pas aidé notre vie sociale, nos études ou nos sorties culturelles. Par contre, ils auront quand même réussi une chose, c’est à nous donner plus de temps pour nous. Peut-être que vous avez ressorti votre guitare poussiéreuse pour vous mettre enfin à apprendre Wonderwall d’Oasis, comme vous avez toujours rêvé de le faire ? Eh bien vous n’êtes pas seul.e, car les ventes de guitares et de claviers numériques se sont envolées pendant cette période, tout comme les vues des tutos Youtube pour apprendre à jouer d’un instrument.

Que vous ayez appris à jouer du triangle comme un.e chef.fe ou que vous ayez saoulé vos voisins avec votre batterie, bravo. Bravo à vous d’avoir découvert quelque chose de nouveau, d’être sortis de votre zone de confort dans une période qui n’était pas simple à vivre. On espère que vous pourrez un jour partir en tournée pour que le monde puisse enfin entendre votre version de Seven Nation Army des White Stripes à la flûte traversière.

Une histoire du format physique

Aujourd’hui, on écoute beaucoup de musique au format numérique, que ce soit en streaming ou non. Mais cette habitude est en fait assez récente. Jusqu’aux début des années 2000, outre la radio, le support physique était le seul moyen d’écouter de la musique en dehors des concerts. L’histoire de l’enregistrement musical est elle-même assez récente, elle commence à la fin du XIXe siècle.
Olivier Leydier, régisseur, nous raconte :

Vinyle

Héritier du gramophone, le vinyle est resté le support unique d’écoute jusqu’à la deuxième moitié du XXe siècle. Pour le fabriquer, on grave sur un disque de vinyle (d’où le nom) un sillon formé de trous et des bosses, de l’extérieur vers l’intérieur. Il apparait en 1948 avec les 33 tours.

Le vinyle reste un objet de niche, plutôt prisé par les mélomanes et les collectionneurs.
« Le vinyle est plutôt liée à l’objet global, via l’aspect visuel, le toucher… L’impact sensitif d’un objet a des répercussions cognitives sur notre rapport à la musique » – Gilles Rettel (Tranzistor)

Cassette

La cassette est inventée en 1963. C’est un système d’aimant qui déplace de la poussière de fer sur une bande de papier ou de plastique pour enregistrer les sons.
La cassette se lit sur un magnétophone et plus tard un « walkman », qui permettait pour la première fois d’écouter de la musique en dehors de chez soi.

La cassette n’a pas remplacé le vinyle mais elle permettait un nouvel usage gratuit : enregistrer la radio, les vinyles et même d’autres cassettes, ce qui a largement participé à la diffusion de très nombreux groupes. Même le CD ne l’a jamais vraiment détrônée car elle est restée reine dans les voitures jusqu’au milieu des années 1990.

et CD

Abréviation de disque compact, inventé en 1981, le CD est la première gravure numérique de musique. Il est durant ses premières années cher, car, pour la première fois, un support pouvait contenir 70 minutes de musique, ce qui a entrainé une multiplication des albums longs (15 – 20 titres).

Il devient le support majoritaire au tout début du XXe siècle, en particulier avec la démocratisation des chaînes hi-fi depuis les années 1980, particulièrement adaptées à l’écoute sur multisupports
Pendant vingt ou trente ans, à l’image de la télévision, ce bloc d’écoute a été un élément central du foyer.

Enregistrement numérique, les nouveaux usages

Les Walkmans sont remplacés par les lecteurs MP3, puis, avec l’arrivée des téléphones portables, ce sont les enceintes d’ordinateur ou portables et les écouteurs ou casques qui deviennent les éléments indispensables à une écoute de qualité.

La cassette (enregistrée), le CD (gravée) et le téléphone (téléchargé) ont surtout servi à sortir la musique enregistrée des circuits commerciaux. Aujourd’hui, de nombreuses personnes ont tendance à payer un abonnement pour un service de streaming plutôt que d’acheter des morceaux ou des albums à l’unité.

Mais tous ces usages finiront eux-aussi par être remplacés par d’autres dans les décennies à venir. L’évolution est constante dans cette courte histoire de la musique enregistrées. De plus, c’est surtout la praticité d’usage qui fait évoluer les habitudes d’écoute, bien plus que la qualité sonore ou la disponibilité réelle des moyens.

Chaos Danse – 6/12

Parmi

Compagnie Yage

Dans notre société où la raison et l’intellect sont brandis comme des drapeaux intouchables, quels sont devenus nos rapports à la mort ? Là où les institutions religieuses posaient autrefois des pratiques spirituelles dominantes, on trouve désormais des entreprises funéraires cherchant à concilier demandes des familles et profit financier. Qu’en est-il alors des gens qui aujourd’hui fabriquent et inventent de nouvelles façons de célébrer leurs mort.es ?

PARMI met en scène deux êtres humain.es en constante recherche sur leur façon d’être face et avec la mort. Interrogeant la notion de rituel funéraire, nous souhaitons explorer les pratiques, absence de pratiques et temporalité devant lesquelles nous met face un cadavre. Quelle attention avoir envers un corps ? Faire une cérémonie, ou pas ? Quels besoins ressentons-nous ?

suivi de :

Auditionneur.se.s ?

Compagnie Second Cast

Loin de la volonté de recréer et montrer un processus d’audition, Auditionneu.r.se.s ? est une mise en exergue des points de vue, des sensations de quatre jeunes interprètes face à cet exercice. Construite comme une succession, un entremêlement de témoignages, elle est une invitation à ressentir, écouter et pourquoi pas comprendre les questionnements, les doutes, les espoirs et les désillusions de danseur.euses face au monde professionnel.

L’audition est l’un des endroits où les remises en question et où les enjeux personnels et artistiques se cristallisent de manière évidente. En utilisant ce qui s’y joue, ce que nous, interprètes, y vivons (l’exposition aux regards et aux jugements, la gestion du stress et son incarnation dans le corps, ce que nous choisissons de montrer ou au contraire, de garder pour nous), nous cherchons à élargir le cadre pour parler de notre métier, de ses/de nos perspectives d’avenir, de notre rapport aux autres mais avant tout, à nous-même.

Quelle place laisse-t-on au doute, à l’erreur, à l’imperfection, à la singularité de chacun, lorsqu’il s’agit de se vendre ?

Mardi 6 décembre à 19 h 19
Tarifs habituels
Réservation conseillée.

4 parcours thématiques, saison 2022 – 2023

Si vous vous demandez quoi venir voir au Théâtre Astrée, c’est facile on vous répond : tout !

Mais s’il faut vraiment faire des choix, on vous propre des sélections basées sur les grands thèmes qui sillonnent la saison 2022 – 2023. Quatre parcours de six spectacles vous sont proposés :

La Famille

Thème universel, intemporel, exploré encore et encore, les artistes ont encore beaucoup à dire sur la cellule familiale. En mot ou en geste, des spectacles et des chorégraphies vous proposent d’explorer ce thème, avec des classiques de Molière et de Garcia Lorca, des comédies et même de la danse. C’est le parcours qui contient le plus de classiques.

  • Le Bourgeois gentilhomme – théâtre – mercredi 21 septembre à 19 h 19
  • Les Fourberies de Scapin – théâtre – mardi 8 novembre à 19 h 19
  • La Casa de Bernarda Alba – théâtre – mardi 29 novembre à 19 h 19
  • Chems – concert – vendredi 1er décembre à 19 h 19
  • IE [famille] – danse – vendredi 13 janvier à 19 h 19
  • Le Mec de la tombe d’à côté – théâtre – mardi 25 avril à 19 h 19

Renverser la table

La politique, les institutions, la révolution, qu’elles soient représentées avec un regard romantique ou au contraire factuel, sont des thèmes qui donnent toujours de la matière à la création. Parcours le plus varié en termes de type de spectacles, les créations de cette saison explorent l’actualité et le désir de changements sur scène et à l’écran !

  • Plateau-télé : H24 – série – vendredi 25 novembre à 12 h 21
  • (La Bande à) Laura – danse – mardi 24 janvier à 19 h 19
  • Une Femme – théâtre, humour – jeudi 2 février à 19 h 19 et vendredi 3 février à 19 h 19
  • Contagion – théâtre – jeudi 7 mars à 19 h 19
  • Si j’étais à ta place – danse – vendredi 31 mars à 19 h 19
  • Le Printemps des Révoltés – théâtre – jeudi 20 avril à 14 h 14 et 19 h 19

L’Art pour l’art

Le spectacle vivant, l’art, comme médium pour parler des œuvres d’arts et transmettre des connaissances, c’est ce que vous propose de parcours autour du thème des sciences et sciences humaines, pour découvrir et apprendre autrement. Avec sept spectacles, c’est le parcours le plus dense et riche.

  • Insectes : histoire en (dés)équilibre – théâtre et musique, science de la terre – mardi 4, jeudi 6 et vendredi 7 octobre à 19 h 19
  • 100 ans d’amitié franco-afghane – lectures, géopolitique – lundi 14 novembre à 19 h 19 (étape de travail)
  • XII – 12 – danse, mathématique – mardi 15 novembre à 19 h 19
  • Ces mots pour sépulture – théâtre et Histoire – jeudi 24 novembre à 19 h 19
  • Ah ! Dieu que la guerre est jolie – théâtre et poésie, Histoire – jeudi 26 janvier à 19 h 19
  • Danseuse – danse, Histoire de la danse – mardi 21 février à 19 h 19
  • Gaston Bachelard – théâtre et poésie – jeudi 27 avril à 19 h 19

Place aux jeunes

Grande thématique de Villeurbanne Capitale française de la culture, le Théâtre Astrée fait place à la jeune création, aux jeunes interprètes, mais également aux spectacles qui explorent les thèmes de la transmission entre générations. Avec quatre spectacles gratuits, c’est aussi le parcours le plus économique.

  • Panique chez les Mynus – théâtre et sciences, jeune public – samedi 8 octobre à 15 h 30 et 17 h 30
  • Malacca – danse, hip hop – vendredi 21 octobre à 19 h 19
  • Naï – danse – jeudi 17 novembre à 19 h 19
  • Jeune Ballet du CNSMD Lyon – danse – mardi 14 mars à 19 h 19
  • Jeune ballet désoblique – mardi 4 avril à 19 h 19
  • En Scène ! – danse – vendredi 7 avril à 19 h 19

Vous n’êtes pas sûr.e de quel parcours vous correspond le plus ?
Un test de personnalité très scientifique, réalisé par nous-mêmes, est là pour vous guider !

Portrait de Stéphan Meynet : saison 2022 – 2023

Stéphan Meynet est chargé de mission Spectacles Vivants à l’Université Lyon 1. Il a en charge la programmation professionnelle et amateur du théâtre. Il en est également le directeur technique depuis de nombreuses années. Nous avons voulu en savoir plus sur la saison 2022 – 2023 qui est en préparation et sur l’avenir du théâtre.

Vous pouvez également écouter cette interview en intégralité :


  • Stéphan, quelle est, selon toi, l’identité du théâtre Astrée ? À quoi aimerais-tu que les gens pensent quand ils parlent du théâtre ? 

J’aimerais qu’ils pensent que c’est un théâtre où il y a de beaux spectacles et où ils ont plaisir à venir, tout en n’ayant pas à débourser une grosse somme d’argent.

J’aime bien travailler avec les compagnies locales, qui font du vrai travail de création pas toujours reconnu à sa juste valeur par les institutions, mais qui, par contre, est reconnu par le public. Je veux leur donner une visibilité, dans une salle plus grande que ce à quoi ils ont l’habitude de prétendre.

Les conditions sanitaires durant la saison 2021 – 2022
  • Peux-tu nous raconter comment s’est passée la réouverture en 2021 – 2022, notamment avec les contraintes sanitaires ?

Ça a évidemment posé quelques difficultés, mais on s’est adapté. Il y avait un contrôle du pass sanitaire à faire en amont de la billetterie, la mise en place du gel hydroalcoolique, les sens de circulation, la prise des coordonnés des spectateurs si un cas covid se révélait pour éviter un cluster… C’est de la logistique en plus, des plannings à modifier, à prendre en compte pour les répétitions, l’espacement dans les loges… On a essayé de tenir bon. Ça nous permet aussi de nous remettre en question sur le reste de nos pratiques. C’est toujours sain de ne pas se reposer sur ses lauriers, de chercher d’autres façons de travailler.

  • Et quel impact cela a eu sur l’organisation du théâtre ou même sur la fréquentation, par exemple ? 

On a pu le voir également dans d’autres lieux : le public a été plus frileux à revenir dans les salles, nous avons nous-aussi été touchés, même si par notre originalité, notre offre, on s’en est très bien sorti.

En fonction des périodes de réouverture, les solutions étaient différentes. Pour le festival Les Arthémiades en 2020, on a eu une offre entièrement numérique, alors que pour l’édition 2021, on a proposé des spectacles en streaming en direct en multi-caméra. On avait eu le nez de faire installer justement un réseau de prises pour faciliter ces manifestations bien avant la pandémie de covid 19, ainsi que l’achat d’un mélangeur vidéo [1]. Cela nous a permis de faire face à ces restrictions, même si – on est d’accord – le spectacle vivant est fait pour être vu en direct dans le même espace.

Villeurbanne, capitale française de la Culture 2022
  • Peux-tu nous parler du partenariat entre le Théâtre Astrée et la ville de Villeurbanne, dans le cadre de l’année Capitale française de la culture ?

Ce partenariat s’est dessiné en 2021, puisque c’est aux alentours du mois de mars que l’on a su que Villeurbanne serait Capitale française de la culture (VCFC) en 2022. On a réfléchi avec la municipalité, puis les membres de l’organisation qui a été mise en place, à ce que l’on pourrait faire. 

La première action a été de labelliser VCFC toute la programmation du Théâtre Astrée, parce que nos spectacles programmés s’adressent aux étudiants. Le projet de VCFC était Place aux jeunes, nous étions bien placés pour s’adresser à un public de jeunes.

De plus, nous avons mis en place des éléments spécifiques, par exemple la Semaine Pratique jeunes danseurs à l’intérieur de notre festival Chaos Danse où nous avons invité les écoles de danse à se produire.

En troisième lieu, nous avons a réfléchi à des séances scolaires alors que ce n’est pas notre champ d’action habituel. Cela se poursuivra en 2022 – 2023. D’ailleurs, l’année 2022 marque aussi les 400 ans de la naissance de Molière, on aura donc un temps fort d’ici la fin de l’année 2022 autour de Molière.

La programmation
  • Comment choisis-tu les spectacles programmés ? 

Les partenariats, de longues dates ou plus récents, permettent d’architecturer la temporalité de la saison. La saison professionnelle est placée de septembre à avril, puis le festival Les Arthémiades tout le mois de mai, les Gaming Series début juin, et enfin un dernier spectacle, en extérieur dans notre amphi plein air. Voici les différents éléments, saupoudrés avec quelques temps de résidence sur les semaines de vacances scolaires.

Dans notre saison professionnelle, il y a du théâtre, de la danse et de la musique. La danse fait l’objet d’une programmation bien spécifique, Chaos Danse, en mars et avril, avec en plus des spectacles au long cours à partir d’octobre, à raison d’un ou deux par mois.  

Une fois ces jalons posés dans notre saison, on s’occupe de chercher d’autres spectacles. La sélection se fait par plusieurs biais, mais en général, des compagnies me contactent, j’étudie le propos artistique, la complexité technique, les difficultés logistiques, la cohérence de l’ensemble, et enfin les enjeux qui ont pu m’être données en termes de cahier des charges, de citoyenneté, d’égalité – diversité…

Ce qui me guide personnellement dans le choix d’un spectacle, c’est l’émotion. Pour moi, ça reste quelque chose de fort. Un spectacle qui ne véhicule pas d’émotion, ça me pose toujours question. J’ai à cœur de travailler avec des compagnies locales, puisque le Théâtre Astrée a l’avantage d’être une grande salle, mais pas trop [2], et de donner potentiellement une belle visibilité à des compagnies qui veulent se développer. C’est important pour nous d’être ancrés dans cet écosystème culturel et artistique, de jouer notre rôle de diffusion.

Les Nouveaux Axes
  • La saison dernière, tu nous as parlé de la création des Gaming Series, comment le festival peut-il se développer ?

Cette année, nous avons mis en place un comité de programmation et d’organisation composé d’étudiants de Lyon 1. Il apparaissait naturel de proposer à Damien Dubief, qui était au cœur de l’aventure l’an dernier, de présider ce comité.

On a fait un appel à candidature en début d’année, auquel un certain nombre d’étudiants ont répondu, puis on a fait une sélection basée sur la motivation et la disponibilité. Il y a des personnes qui n’ont pas été retenues, non pas parce que le profil n’était pas intéressant, mais parce qu’on voulait constituer un comité assez resserré afin de faciliter les réunions, d’autant plus que la temporalité était un peu réduite.

Lors de la première édition, en 2021, nous avions rencontré beaucoup de contraintes techniques et logistiques. Évidemment, le comité étudiant se frotte aux mêmes problématiques. On leur demande d’apporter des idées, de réinventer les choses, de travailler autour d’une thématique donnée [3], mais ils doivent aussi répondre à toutes ces difficultés organisationnelles.

Un des enjeux des années à venir, c’est de leur donner les moyens, en temps, de s’organiser au mieux, pour établir des partenariats, pour faciliter la mise en place technique de ces Gaming Series. Parce que, forcément, qui dit jeux vidéo dit ordinateurs adaptés au gaming, un réseau internet fiable…

Comme n’importe quel festival, il va s’étoffer au fil des années. Le fait qu’on ait pu se reposer sur un comité étudiant nous permet d’être au plus près de ce qui peut intéresser leurs camarades.

  • Comptes-tu développer d’autres événements de ce genre au théâtre Astrée ? 

Il faut toujours de chercher de nouveaux axes, toutefois, le Théâtre Astrée est déjà fortement sollicité durant l’année. Notre saison est très riche, puis nous avons des locations en juin et juillet, pour des galas de danse par exemple. C’est important de jouer notre rôle de diffusion pour des écoles car leurs élèves sont peut-être de futurs artistes, qui se produisent sur notre scène et qui pourront, à leur tour, nous proposer des choses intéressantes quelques années plus tard. Il y a également des périodes de résidence pour des compagnies pendant les vacances scolaires. Dans ces conditions, la marge de manœuvre, ne serait-ce qu’au niveau des créneaux à proposer, est faible. Cela n’empêche pas de chercher des collaborations avec d’autres institutions, d’autres services de Lyon 1 : la mission Égalité – Diversité, l’Université Ouverte… Il y a plusieurs actions en cours de développement pour labelliser des événements, créer des synergies, optimiser des actions et éviter que chacun fasse son action dans son coin et que l’on manque de visibilité.

Un des défis à relever, c’est la communication, en interne auprès des étudiants et des personnels, et vers l’extérieur, auprès de Villeurbanne, de la métropole, de la région… C’est toujours compliqué, d’autant plus que l’on a un public partiellement volatile : les étudiants sont là quelques années puis ils partent une fois leurs études terminées. Pour nous, c’est important de se renouveler, de renouveler régulièrement la communication, dans la forme comme dans le message. C’est sans arrêt qu’il faut faire ce travail.

Ceci dit, c’est peut-être sur d’autres sites de l’Université Lyon 1 [4] qu’il faudrait trouver des ouvertures, mais les espaces ne sont pas forcément dédiés, il y a des problématiques de dates, de faisabilité… Même si les personnes impliquées sont partantes, les solutions ne sont pas évidentes. On travaille sur ces questions avec les élus étudiants. On avait une bonne collaboration avec leurs prédécesseurs, j’espère que ça se renouvellera avec eux.

On a eu aussi, cette année, la mise en place de la nouvelle forme de résidence annuelle que notre chargé de mission Culture, Jean-Marc Chovelon, a apportée. C’était un projet de résidence sur les insectes avec le laboratoire LBBE [5]. On a eu une fanfare en extérieure, l’Hommage à l’insecte inconnu, et puis le spectacle complet fera l’objet de l’ouverture de saison 2022 – 2023 [6].

La saison 2022 – 2023
  • Concernant la saison prochaine, à quoi devons-nous nous attendre pour la programmation 2022 – 2023 ?

À des surprises et à des choses assez habituelles, ce sont mes deux approches. D’une part, les partenariats de longues dates que l’on essaie de conserver ; et d’une autre, de nouveaux spectacles, de nouvelles compagnies.

Pour les nouveautés, je ne vais pas rentrer dans le détail, je dirais seulement que pour Chaos Danse, on a cette année encore un comité de pilotage avec les deux artistes associées de l’année précédente, Annabelle Bonnery et Natacha Paquignon, ainsi que Bastien Cambon en interne [7], qui a un regard extrêmement éclairé sur la danse, puisqu’il est chorégraphe et qu’il a dansé au ballet de Genève. On a une belle équipe pour travailler sur cette programmation Chaos Danse ! Je citerais une compagnie, la compagnie Parc. Pour l’ensemble du comité, c’est une date à ne pas rater, d’autant plus que l’on espère avoir deux de leurs spectacles : Percut et Kernel, c’est en négociation.

C’est comme un jeu de Tetris. En particulier cette année, car de nombreux spectacles ont bénéficié d’un report dans les saisons des différents théâtres. Ce n’est jamais évident de programmer une compagnie, car il y a plusieurs artistes qui travaillent en même temps dans plusieurs compagnies, et ces compagnies sont dépendantes d’autres théâtres, eux-mêmes dépendants des autres compagnies.

La programmation avance donc progressivement, en fonction des disponibilités : chaque pierre mise à l’édifice est une petite victoire. C’est ainsi que l’on fait une programmation, c’est une succession de petites victoires et de quelques défaites, aussi.

  • Que conseilles-tu aux étudiants parmi les spectacles de la programmation danse, pour la prochaine saison ?

Je viens de citer la compagnie Parc et reste sur cette affirmation. Sinon, Malacca [8] qui a fait le plein l’an dernier et à deux reprises. Ça parle à tout le monde, le public était enchanté, ça met du baume au cœur et ça reste qualitatif. C’est une de nos objectifs : mêler ce que l’on estime artistique, qualitatif, à du quantitatif. On est très contents avec Malacca car on arrive à toucher divers publics, à remplir la salle et à être satisfait de ce qui est proposé sur scène.

Après, on aura aussi Hervé Diasnas, un habitué du Théâtre Astrée, que l’on a reçu plusieurs fois. Il est aussi un habitué des milieux universitaires lyonnais.

  • Le Théâtre Astrée étant aussi ouvert sur la ville de Villeurbanne, donc à un public extérieur à l’Université, que conseillerais-tu également à ce public pour la saison prochaine ?

En tant que programmateur c’est toujours intéressant de se poser la question des différents publics que l’on reçoit. Il y a des choses que l’on va plus naturellement amener dans le but de toucher tel public plutôt qu’un autre. Notre objectif est que les publics se retrouvent et viennent voir tous les spectacles. Ce que j’ai dit pour le public étudiant est valable pour les extérieurs.

En dehors de la danse il y a toute la programmation théâtrale et musicale : soyez curieux, venez découvrir ce qu’il vous plaît, mais aussi ce qui vous pose question. Vous avez des doutes, c’est aussi ce qui est intéressant : prenez des risques sur ce que vous allez découvrir !

[1] Mélangeur vidéo : appareil électronique permettant de commuter entre plusieurs sources vidéo.
[2] La jauge du Théâtre Astrée est de 450 places
[3] Récits et jeux vidéo en 2022, Le Dixième Art en 2023
[4] L’Université Lyon 1 est présente sur le site de La Doua à Villeurbanne, ainsi que dans le quartier Gratte-ciel, sur le campus Rockefeller et Laënnec à Lyon 8e à Oullins avec le campus Santé de Lyon Sud.
[5] Laboratoire de biologie et biométrie évolutive.
[6] Insectes : histoires en (dés)équilibre, mardi 4, jeudi 6 et vendredi 7 octobre 2022
[7] Bastion Cambon est enseignant agrégé en danse à Lyon 1, chorégraphe et ancien danseur du ballet de Genève.
[8] Malacca, compagnie Voltaïk, vendredi 21 octobre 2022 à 19 h 19


Interview et transcription : Yasmine Hema
Montage sonore : Olivier Leydier
Rédaction : Justine Vincenti
Photo : Eric Le Roux – Université Lyon 1

Si vous souhaitez en savoir plus sur Stéphan et son parcours, vous pouvez relire ou réécoutez l’interview de la saison 2020 – 2021 qui revient plus longuement sur ce sujet.